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Ma conception de la beauté naturelle comme geste politique

Accepter sa beauté naturelle est pour moi un geste politique, notamment dans le fait de porter dignement son cheveu naturel. Chez moi, mes frisettes sont le symbole des mes origines africaines. Et j’ai dû lutter contre les médisances provenant de ma propre communauté nord-africaine qui n’acceptait pas ma tignasse. Accepter ma beauté naturelle, c’est arrêter de faire violence à mon épiderme et à mon mental en m’exposant à des conduites à risque pour être belle à tout prix, puisqu’on me l’a répété des centaines de fois : « Myriam, tu sais, il faut souffrir pour être belle ».

Ma mère m’a repassé les cheveux pour qu’ils soient lisses, j’ai utilisé plaques, séchoir, produits lissants, et diverses techniques de mises en pli, tel que la fameuse « pacha » marocaine pour contrôler mes belles bouclettes. J’ai voulu être une autre fille pour être intégrée et acceptée. C’est à 20 ans que j’ai décidé d’arrêter cette dictature du cheveu lisse. En 1996, j’ai coupé mes cheveux courts, car ils étaient abîmés de brushing et de défrisant puisqu’un matin, j’ai décidé que ça allait stopper. J’ai « reset » ma tête et j’ai décidé de prendre soin de ma nature physique. Mes cheveux se sont mis à pousser. Je les ai soignés comme une belle plante, d’abord avec des produits simples et bon marché, comme l’huile d’olive marocaine qu’il y avait dans le garde-manger de ma mère et de l’huile d’amande douce que j’achetais chez à l’époque. J’avoue que mes habitudes ont à peine changer, j’ai troqué l’huile d’olive pour de l’huile de jojoba que j’achète en vrac chez et j’ai appris à utiliser le Leave-In.

Accepter ma beauté naturelle, c’est aussi accepté l’asymétrie de mon visage, mes seins trop petits et mes hanches larges. Accepter ma beauté naturelle, c’est contrôler ma cellulite, aimer mes sourcils épais et parfois éparses.

Accepter ma beauté naturelle, c’est décoloniser mon corps de ce diktat de beauté au standard caucasien, de me présenter comme un modèle de réussite pour la jeune génération de petites sœurs et espérer les inspirer. C’est lutter contre la négrophobie présente dans nos communautés nord-africaines pourtant héritières du peuple noir. Ce statut hybride dont nous bénéficions nous rend caméléon, on peut autant se faire passer pour noir que pour blanc. Mais au lieu de penser qu’on est assis entre deux chaises et se sentir obligé de choisir l’une ou l’autre, pourquoi ne pas partir avec les deux?

Récemment, j’ai enfin senti un mouvement de femmes nord-africaines qui ont décidé de s’arracher de cette dictature du cheveu kardiashiané. De belles instagrameuses qui font une super belle job. Et j’en suis trop fière! De magnifiques initiatives en sont nées, dont le mouvement Hrach is Beautiful (présent sur les réseaux sociaux) qui a pour mandat d’encourager les Nords-Africains à porter leur beauté naturelle et ça m’inspire.

S’accepter tel que l’on est, comme un processus de croissance personnelle, indispensable pour notre santé mentale.

Voici une réflexion sur le non-dénaturé  comme outil d’abolition des diktats des standards de beauté colonisateurs.

J’aimerai vous entendre là-dessus, si vous le désirez, bien sûr!

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